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Au vignoble Pastouret, la « stratégie de l’assurance »

Le mois d’avril a été synonyme de calamité pour le monde agricole. Particulièrement pour les vignes et les arbres fruitiers, où les dégâts des gelées noires s’annoncent considérables. Mais au Domaine Pastouret, l’atmosphère est sereine. Gel ou grêle, la famille viticole est assurée.

29 avril 2021

Virgine et Jeanne Pastouret dans leurs vignes
Virginie, à gauche, et Jeanne, à droite, auscultent les feuilles des vignes. © Eléonore Solé

Feuilles vertes. Grappes naissantes. Les vignes entourant le mas de la famille Pastouret ont une belle allure. Aux abords de Bellegarde, dans le Gard, ce domaine a été relativement épargné par les gelées noires du mois d’avril. « Nous étions confiants, nous pensions que la côte méditerranéenne ne serait pas touchée », confie Virginie, la fille. Bien que leurs espérances se soient heurtées à une toute autre réalité, Virginie, son frère Mathieu, et leurs parents Michel et Jeanne ont le coeur léger.

« Nous avons choisi la stratégie de l’assurance », argue Michel, les bras croisés et le visage haut, fier de cette décision collective. Pourtant, ce n’est pas passé loin. « Nous avons toujours payé sans avoir de soucis », glisse-t-il. Ils hésitaient. Avant cet épisode de gel historique, la tentation de moins débourser pour l’assurance se faisait sentir… Aussitôt venue, aussitôt partie.

Leur vignoble, labellisé biologique, est réparti en deux lieux. Quelque 40 hectares de terres à Bellegarde, une petite dizaine vers Manduel. Là-bas, les parcelles ont été brûlées par le gel. Entièrement. Mais aux alentours du mas, seul 20 à 30 % du terrain est touché, estime Michel. En France, Jean-Marie Barillère, président du Comité national des Interprofessions des vins à appellation d’origine et à indication géographique (CNIV), rapportait à Libération des dégâts sur 35 à 80 % des bourgeons selon les secteurs. Le Domaine Pastouret, estampillé de l’appellation « Costière de Nîmes », se situe dans la fourchette basse.

Gelée noire.

L’agriculture française vient de subir le plus grave phénomène de gelées noires depuis 1991. Cette expression illustre les dégâts causés par le gel : les bourgeons, grillés jusqu’au cœur, noircissent. Près de la totalité du pays a été touché, certaines zones ayant cumulé jusqu’à une quinzaine de nuits de gel.

« Le gel fait beaucoup de jaloux », soupire Michel, car le hasard y a sa place. À coté d’une parcelle brûlée, une autre demeure indemne. « Tout le monde critique les assurances, trop chères, mais elles permettent de sauver [l’entreprise, ndlr]. » Dans leur cas, au-delà de 10 % de perte de récoltes, le reste est indemnisé. Mathieu, le fils, présume que les agriculteurs « ne veulent pas payer la cotisation qui est assez onéreuse ». Un argument qu’il comprend.

panneau d'accueil du domaine pastouretpanneau d'accueil du domaine pastouret
© Eléonore Solé
entrée du mas du domaine pastouretentrée du mas du domaine pastouret
© Eléonore Solé
vignes du domaine pastouretvignes du domaine pastouret
© Eléonore Solé
feuille ayant légèrement subi le gelfeuille ayant légèrement subi le gel
© Eléonore Solé
inflorescence de pied de vigneinflorescence de pied de vigne
© Eléonore Solé

Mais à ses yeux, il s’agit de la « suite logique » des investissements injectés dans l’affaire familiale. Que ce soit pour l’entretien, l’achat de nouvelles terres, ou le lancement d’une culture d’asperges. Raisin sur le gâteau, cette assurance les dispense d’acheter un système de lutte anti-gel. Ni tour à vent pour intervertir l’air chaud et l’air froid, ni bougies pour réchauffer l’air autour des pieds de vigne. « Les bougies, à partir de -2 degrés, tu gèles », rappelle Mathieu. Elles brûlent en une nuit, et coûtent au moins 2 000€ par hectare. Un prix inenvisageable. D’autant plus que ces -2°C ont été franchis : environ -3°C à Bellegarde, jusqu’à -6°C à Manduel.

« Tous les phénomènes [météorologiques, ndlr] s’aggravent énormément », observe Michel. Sécheresse, gel, grêle… Le monde agricole n’est pas au bout de ses peines. « Si tous les agriculteurs s’assuraient, la cotisation serait moins chère », espère ce vigneron. D’une pierre deux coups.

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