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Sylvain Delmotte. Oléiculteur de « belge » en fils

Dans un petit village du Var, Sylvain Delmotte et sa compagne prennent soin des oliviers du domaine familial. Malgré des voisins parfois peu chaleureux, les valeurs de l’oléiculture sont transmises de « belge » en fils.

17 novembre 2020

Sylvain Delmotte
Lorsque ses parents sont partis à la retraite, Sylvain Delmotte a repris le domaine familial avec sa compagne, Angélique. © Domaine de l'Olivette

En entrant dans l’atelier, une odeur d’olive enivre les narines. Sylvain Delmotte montre, avec une satisfaction palpable, les lucques mises en pot quelques heures auparavant. Des fruits conditionnés par sa compagne, Angélique. « Tout seul, je ne peux pas tout faire ! », admet sans retenue l’oléiculteur de 33 ans. Dont le métier, chez lui héréditaire, est facilité par ses 1m92. « Parfois, je vais plus haut que mes machines » s’amuse-t-il.

L’année de ses 25 ans, Sylvain Delmotte a rejoint ses parents au Domaine de l’Olivette, à Roquebrune-sur-Argens. Une idée qu’il a toujours eu en tête. Dans un premier temps, il souhaitait parcourir son « petit bonhomme de chemin ». Pour se forger, d’une part, mais aussi pour ne pas « arriver directement ici et prendre la suite de papa maman ». L’homme, aux yeux verts pétillants, aurait considéré cette succession « trop facile ».

Avec sa compagne, cela fait un peu plus d’un an qu’il a pris la suite du rêve de son père. Des 9,5 hectares d’oliviers. Bien qu’au départ, Dominique Delmotte aspirait à « créer une exploitation d’agrumes »… Le climat du Var a quelque peu verdi les ambitions de son aïeul, baptisé « le belge » par les villageois.

Une question d'arbre

Une génération plus tard, le surnom s’est estompé, mais le sentiment d’un accueil mitigé a été transmis. « On est des estrangers » ironise-t-il, imitant parfaitement l’accent local. Cet accent qui fait chanter nombre de ses mots. Et pour cause, lorsque ses parents sont arrivés dans la commune en 1988, Sylvain Delmotte n’avait qu’un an.

Il concède que son nom « ne sonne pas très provençal ». Un faible argument pour percevoir sa famille, présente sur ces terres depuis 32 ans, « comme des étrangers ». L’agacement pointe. « Si je ne suis pas d’ici, je ne suis pas d’ailleurs, je suis d’où au bout d’un moment ! » Il ne sent pas rejeté, mais quelque peu mis à l’écart. En particulier par « les anciens ». Ceux dont le père, le grand-père, la « famille de longue lignée » est née ici, énumère-t-il en tapotant sur la table en aluminium.

L’incompréhension est d’autant plus forte qu’arbre généalogique mis à part, Sylvain Delmotte estime partager des valeurs avec ces anciens. « On a le contact avec la terre » en commun. Celui qui engendre une « conception de la vie un peu différente », où l’oléiculteur ne rechigne pas à être sur son tracteur à 5h30 du matin. « Mes voisins sont là à la même heure » se moque-t-il derrière son masque bleu.

L’héritage à perpétuer

Ses valeurs, Sylvain Delmotte apprécie de les transmettre à ces stagiaires. « Si je vois que la personne est motivée, je lui apprends le métier volontiers » acquiesce-t-il. Le Domaine de l’Olivette a été paré il y a de nombreuses années pour la pédagogie. Sur le bord du chemin graveleux menant à la bâtisse, les rangées d’oliviers sont devancées d’un petit écriteau. Lequel annonce la variété plantée. À une époque, cela facilitait les visites auprès des particuliers. Depuis que ses parents ont pris leur retraite, Sylvain Delmotte reconnaît : « À deux, c’est compliqué ».

Et à trois ? Âgé de seulement six mois, Marius a déjà goûté à l’huile d’olive. « Juste une goutte sur le doigt » sourit son père. D’un ton jovial, Sylvain Delmotte confesse que l’huile d’olive n’a pas eu un franc succès. Il espère réussir à « motiver [ce] petit » et lui mettre dans les mains les oliviers dont il « adore voir l’évolution année après année ». D’autant que la troisième génération sonnera peut-être moins étrangère aux anciens ! « On l’a appelé Marius en se disant que ça ferait un peu avancer les choses » plaisante-t-il.

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