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Aux racines de l’agronomie, avec l’historien Gilles Denis

Gilles Denis est historien, spécialiste de l’agriculture. Selon lui, si l’agronomie est apparue au XIXe siècle, d’autres phénomènes comme le sentiment d’agribashing auraient toujours été présents.

21 novembre 2020

Bottes de foin Bottes de foin

À gauche, les « Meules de foin » peintes par Claude Monet vers 1885. / À droite, une photo de bottes de foin du 21ème siècle. © Free-photos, Pixabay

Au XVIIIe siècle, l’agronomie n’est pas encore développée. Elle balbutie. Dans ce monde sans sciences agricoles, l’agriculteur évolue en cherchant à améliorer la production agricole sur ses terres. Gilles Denis, historien spécialiste de l’agriculture, parle de « physicien agriculteur ». Ce terme désigne ce qui se rapproche le plus de l’agronome, vers 1750.

Quelques décennies plus tard, émergent les premiers intérêts scientifiques pour l’agriculture. Des savants considèrent qu’elle est à la base de toute chose. Aujourd’hui, les historiens observent comment des disciplines se sont mises en place sur l’étude des sols, la gestion de l’eau, les maladies des plantes, etc. « Ces disciplines se rassemblent dans un champ que, en France, on a appelé l’agronomie », constate l’agronome de formation. Elles précèdent l’apparition d’instituts de recherche comme l’INA (institut national agronomique) en 1848, soit l’ancêtre d’AgroParisTech.

De la faux aux biotechnologies

L’avènement de l’agronomie entraîne des bouleversements dans le monde agricole. Aux yeux de Gilles Denis, le dernier siècle a été principalement marqué par les découvertes en génétique. Celles-ci ont introduit de nouvelles techniques pour produire des variétés végétales et leurs semences. Du côté de l’élevage, la sélection animale a été améliorée suivant une « politique de l’élevage », comportant notamment l’insémination artificielle.

Ces transformations se répandent sur toute la planète, et la France joue un rôle important. D’une part, parce que « l’agriculture a une place importante dans notre pays ». D’autre part, car « le territoire français est relativement petit ». Ce qui rend l’augmentation des rendements d’autant plus vitale.

Durant les 20 dernières années, l’historien admet que la puissance agronomique de la France s’est tarie. En raison, par exemple, du rejet des nouvelles technologies comme les OGM (organismes génétiquement modifiés). « Je ne sais pas si cela va changer avec l’arrivée des ciseaux moléculaires » soupire-t-il. Les ciseaux moléculaires, dits CRISPR-Cas9, sont des outils permettant de couper précisément l’ADN pour le modifier. Cette modification prend la forme de l’ajout d’un gène ou de l’inactivation d’un gène – il reste dans l’ADN, mais n’accomplit plus sa fonction.

Le sentiment d'agribashing, cette ritournelle

En fouillant les écrits du passé, il apparaît que le sentiment d’agribashing s’assoit dans les esprits au XVIIIe siècle. « Les paysans ont l’impression de n’être pas grand-chose et d’être méprisés », soutient Gilles Denis. Cela frôle la ritournelle, dit-il, tellement ce sentiment est présent dans les textes.

Aujourd’hui, la critique est différente. « Elle ne porte pas sur l’absence de modernité, mais justement sur une modernité supposée excessive» Depuis les années 1970, une partie de la population leur reprocherait d’être « trop pro-science », de par leur usage de la génétique et de la chimie. Ce qui pousserait les agriculteurs à ressentir, inlassablement, l’incompréhension des médias et des citoyens.

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